22.06.2006

NOTE D'INTENTION de Fanny Guiard

Je me projette toujours avec la même déroutante facilité dans les films que j’aime. Au point que j’ai la sensation presque physique d’être arrachée de ces univers cinématographiques quand les lumières se rallument.

Cette expérience a quelque chose de la mystérieuse « télé portation » des séries de science-fiction. Elle est d’autant plus fascinante qu’on en parle peu. Partager cette expérience solitaire avec des mots est difficile, forcément réducteur, forcément décevant ; tenter de la formuler se révèle aussi compliqué que tenter de formuler un rêve.

Le cinéma peut prendre le relais des mots quand ceux-ci sont impuissants à exprimer notre pensée : pour évoquer cette indicible expérience aux limites de l’imaginaire, j’ai donc choisi de faire un film. Raconter la puissance du cinéma en se servant de ses outils mêmes.

-

Je me suis imaginée personnage de documentaire franchissant la frontière d’un écran de cinéma pour me plonger dans un univers de fiction. L’univers cinématographique qui m’est apparu inextricablement lié à cette idée, c’est celui d’Ingmar Bergman.

Pénétrer l’univers fictif bergmanien à l’intérieur même de la « réalité » du documentaire…

medium_l_envol.2.jpg

Toucher du doigt la limite de l’imaginaire pour comprendre où se trouve cet espace-temps qui n’est pas moins réel que notre réalité.

-

Pourquoi Bergman ? Pourquoi cet univers-là en particulier ? Est-ce parce que Bergman lui-même  dit vivre dans son imaginaire et n’entreprendre que quelquefois des « visites dans la réalité » ? Trois ans d’écriture et de repérages ne sont pas venus à bout de cette question. Et le désir, loin de s’essouffler, s’en est vu renforcé. J’ai choisi d’écouter cette envie malgré la difficulté de la satisfaire ; j’ai décidé de me faire l’alliée de mon désir en lui concédant, pour une fois, les pleins pouvoirs. Lutter contre le pessimisme de la raison avec l’optimisme du désir et le plaisir du jeu : telle a donc été l’aventure de ce film.

medium_mur123_petite.jpg

Les commentaires sont fermés.